Vous recevez une alerte indiquant qu’une faille de sécurité touche une extension installée sur votre site WordPress ? La première réaction ne doit être ni de minimiser l’information, ni de lancer des mises à jour en masse sans vérifier le périmètre. Une vulnérabilité publiée signifie qu’un défaut de sécurité a été identifié dans certaines versions et dans certaines conditions. Elle ne prouve pas, à elle seule, que votre site a déjà été exploité.
L’urgence dépend de plusieurs éléments : la version réellement installée, la présence d’un correctif, la possibilité d’exploiter la faille sans être connecté, l’exposition de la fonction concernée, l’existence d’attaques observées et le rôle du plugin dans votre activité. Une même alerte peut donc nécessiter une mise à jour planifiée sur un site et un confinement immédiat sur un autre.
La bonne méthode consiste à confirmer l’avis, inventorier les sites concernés, préserver un point de retour, corriger ou neutraliser le composant, puis vérifier si une exploitation a pu avoir lieu avant la correction. Installer la nouvelle version est indispensable lorsqu’elle existe, mais cela ne suffit pas toujours si le site était exposé depuis plusieurs jours.
Ce guide explique quoi faire lorsqu’une faille est annoncée dans un plugin WordPress, comment prioriser la réaction et quand demander un diagnostic de sécurité WordPress.
Réponse rapide : que faire lorsqu’une faille touche un plugin WordPress ?
- confirmez le nom exact du plugin, la source de l’alerte, les versions affectées et la version corrigée ;
- vérifiez la version réellement installée sur chaque site, y compris les sites de test, anciennes copies et multisites ;
- conservez une sauvegarde ou un snapshot récent, ainsi que les journaux utiles, avant toute intervention ;
- si une version corrigée existe, testez-la rapidement puis mettez à jour en priorité les sites exposés ;
- si aucun correctif n’est disponible, désactivez la fonction vulnérable, désactivez ou retirez le plugin, ou limitez temporairement l’accès au site selon la criticité ;
- vérifiez que la mise à jour est réellement appliquée, que les caches ne servent plus l’ancienne version et que les fonctions métier restent opérationnelles ;
- contrôlez les comptes, fichiers, tâches planifiées, journaux et modifications correspondant à la période d’exposition ;
- documentez la décision, la date de correction et les vérifications effectuées.
Si la faille est exploitable sans authentification, touche les téléversements, les comptes, l’exécution de code, les données clients ou fait déjà l’objet d’attaques, ne reportez pas la qualification de l’incident.
Une alerte de vulnérabilité signifie-t-elle que le site est déjà piraté ?
Non. Une vulnérabilité décrit une faiblesse qui peut être exploitée dans un produit ou une version donnée. Pour conclure qu’un site a été compromis, il faut disposer d’indices supplémentaires : fichier créé ou modifié, compte inconnu, requête suspecte, redirection, tâche planifiée, comportement anormal, alerte de l’hébergeur ou autre trace cohérente avec le scénario d’exploitation.
Il faut toutefois éviter le raisonnement inverse. Le fait qu’aucun symptôme visible n’apparaisse ne prouve pas que la faille n’a pas été utilisée. Certaines exploitations servent à créer un accès discret, modifier une option, déposer un fichier, ajouter un administrateur ou exfiltrer des données sans dégrader la page d’accueil.
La décision doit donc séparer deux questions :
- Sommes-nous encore vulnérables ? Il faut corriger, désactiver ou compenser la faille.
- Avons-nous pu être exploités avant la correction ? Il faut analyser la période d’exposition et les traces disponibles.
Mettre à jour ferme la faille, mais n’efface pas une compromission antérieure
Si un attaquant a créé un compte, ajouté un fichier ou obtenu un autre accès avant la mise à jour, le correctif du plugin ne supprime pas automatiquement ces éléments. Une vérification post-correction est nécessaire lorsque l’exposition est importante ou que l’exploitation est plausible.
Commencer par confirmer précisément l’avis de sécurité
Une alerte utile doit permettre d’identifier sans ambiguïté le composant et les versions concernées. Méfiez-vous des messages génériques indiquant seulement qu’un « plugin WordPress est vulnérable » sans nom, version, référence ou source vérifiable.
Relevez au minimum :
| Information | Pourquoi elle compte | Point à vérifier |
|---|---|---|
| Nom et slug du plugin | Éviter de confondre deux extensions au nom proche | Nom du dossier, éditeur et source d’installation |
| Versions affectées | Déterminer si le site est réellement exposé | Intervalle exact, versions incluses ou exclues |
| Version corrigée | Savoir quel niveau minimal installer | Correctif disponible dans le dépôt officiel ou chez l’éditeur |
| Conditions d’exploitation | Mesurer l’accessibilité réelle de la faille | Authentification nécessaire, rôle requis, fonction activée, endpoint public |
| Impact potentiel | Prioriser selon les données et fonctions touchées | Compte, fichier, données, réglages, redirection, privilèges ou exécution de code |
| Exploitation observée | Augmenter la priorité lorsque des attaques sont confirmées | Avis de l’éditeur, source de référence ou catalogue d’exploitation connue |
| Mesure provisoire | Réduire l’exposition sans attendre un patch | Désactivation d’une fonction, règle de pare-feu, retrait ou restriction d’accès |
Un identifiant CVE facilite le suivi d’une vulnérabilité, mais il ne remplace pas l’avis de l’éditeur ni la vérification de votre environnement. Le score CVSS fournit une mesure standardisée de la sévérité. Le NIST rappelle toutefois que le CVSS n’est pas, à lui seul, une mesure du risque réel pour une organisation. Votre exposition, vos données et vos mesures de protection doivent être ajoutées à l’analyse.
Vérifier la version réellement installée sur tous les environnements
Ne vous fiez pas uniquement à la version supposée dans un contrat de maintenance ou dans un inventaire ancien. Vérifiez la version présente dans WordPress, dans les fichiers du plugin ou dans l’outil d’administration du parc.
L’inventaire doit inclure :
- le site de production ;
- les sites de préproduction et de test accessibles sur Internet ;
- les anciennes copies, sous-domaines, migrations et environnements oubliés ;
- les sites d’un réseau multisite ;
- les extensions inactives encore présentes sur le serveur ;
- les versions installées manuellement depuis un fichier ZIP ou une place de marché ;
- les éventuels plugins obligatoires dans
mu-plugins; - les composants intégrés directement à un thème ou à un développement spécifique.
WordPress affiche les mises à jour disponibles pour les extensions provenant du répertoire officiel. Pour une extension premium ou installée depuis un ZIP, l’alerte dépend du mécanisme fourni par l’éditeur. L’absence de notification dans le tableau de bord ne garantit donc pas que le composant est à jour.
Comment évaluer la priorité de la faille ?
La criticité doit être calculée à partir de la vulnérabilité et du contexte du site. Le score public est un point de départ, pas une décision automatique.
| Niveau | Exemples de contexte | Réaction recommandée |
|---|---|---|
| Critique | Exploitation sans authentification, attaques observées, exécution de code, téléversement arbitraire, création d’administrateur, checkout ou données sensibles exposés | Corriger ou neutraliser immédiatement, préserver les journaux et lancer une recherche de compromission |
| Élevé | Privilèges faibles suffisants, fonction publique activée, plugin largement exposé, données ou réglages importants concernés | Mettre à jour dans un délai très court, limiter l’exposition et vérifier les traces correspondant au scénario |
| Modéré | Authentification administrateur nécessaire, fonction désactivée, site non public ou impact limité | Planifier rapidement la correction avec sauvegarde et tests, sans laisser la situation s’installer |
| Non applicable à confirmer | Version non affectée, plugin absent, fonction vulnérable inexistante ou correctif déjà appliqué | Documenter la preuve, vérifier les autres environnements et conserver la surveillance |
Les facteurs qui augmentent la priorité
- aucune authentification n’est nécessaire ;
- un compte client, abonné ou contributeur suffit ;
- un code d’exploitation public ou des attaques réelles sont signalés ;
- le plugin gère des fichiers, formulaires, comptes, paiements, sauvegardes ou API ;
- la fonction concernée est accessible depuis Internet ;
- le site contient des données personnelles ou soutient une activité commerciale ;
- la période d’exposition est longue ou inconnue ;
- aucun journal fiable ne permet de reconstituer les événements.
Les éléments qui réduisent l’exposition sans l’annuler
- la version installée est antérieure ou postérieure à l’intervalle affecté ;
- la fonction vulnérable est désactivée ou inaccessible ;
- le site est protégé par une restriction d’accès indépendante de WordPress ;
- une règle de pare-feu documentée bloque précisément le vecteur concerné ;
- le plugin n’est présent que sur un environnement isolé non exposé.
Ces mesures compensatoires doivent être vérifiées. Une protection supposée, une règle générique ou un plugin désactivé sans analyse ne suffisent pas à déclarer la vulnérabilité inapplicable.
Lorsqu’une vulnérabilité figure dans le catalogue des vulnérabilités connues comme exploitées de la CISA, cela constitue un signal supplémentaire de priorité. Ce catalogue n’est toutefois ni spécifique à WordPress ni exhaustif : l’absence d’une CVE ne démontre pas qu’elle n’est pas exploitée.
Que faire pendant la première heure ?
| Délai | Action | Objectif |
|---|---|---|
| 0 à 10 minutes | Confirmer le plugin, les versions affectées, le correctif et les conditions d’exploitation | Éviter une réaction fondée sur une alerte imprécise |
| 10 à 20 minutes | Inventorier les sites et versions, identifier les fonctions sensibles et la dernière sauvegarde valide | Mesurer le périmètre réel |
| 20 à 35 minutes | Créer ou vérifier un point de retour, préserver les journaux et décider de la mesure de confinement | Réduire le risque sans effacer les traces |
| 35 à 50 minutes | Tester et appliquer le correctif, ou désactiver la fonction ou le plugin lorsqu’aucun patch n’existe | Fermer l’exposition active |
| 50 à 60 minutes | Vérifier la version, les fonctions métier, les erreurs, les comptes et les premiers indicateurs de compromission | Confirmer l’efficacité de la correction et décider de l’analyse complémentaire |
Un correctif existe : faut-il mettre à jour immédiatement ?
Oui, lorsque la version installée est affectée. La vitesse d’application dépend toutefois de la criticité et du risque de régression. Pour une faille critique ou activement exploitée, le test doit être rapide et ciblé : il ne doit pas devenir un prétexte pour reporter la correction pendant plusieurs jours.
La documentation WordPress sur la gestion des extensions recommande de maintenir les plugins à jour et de disposer d’une sauvegarde actuelle avant l’opération. Pour les sites sensibles, préparez un retour arrière technique, mais ne revenez pas durablement vers une version vulnérable simplement parce que la mise à jour provoque un conflit.
Test minimum avant mise en production
- installation du correctif sur une copie ou un environnement de préproduction lorsque le délai le permet ;
- contrôle des pages stratégiques, du back-office et des erreurs PHP ;
- test des formulaires, commandes, paiements, comptes ou API liés au plugin ;
- vérification des tâches planifiées et intégrations externes ;
- confirmation que la version corrigée apparaît bien après déploiement.
Après la mise à jour
- purgez les caches applicatifs, serveur et CDN lorsque cela est pertinent ;
- vérifiez qu’aucune ancienne copie du plugin n’est chargée ailleurs ;
- contrôlez les journaux de mise à jour et les erreurs ;
- testez les fonctions métier concernées ;
- notez la version initiale, la version finale, l’heure et le responsable de l’intervention.
Vous ne savez pas si votre version a été exposée ?
GardeWP peut vérifier la version installée, le périmètre de la faille, la période d’exposition, les accès et les traces disponibles, puis prioriser les mesures correctives.
Que faire si aucun correctif n’est disponible ?
L’absence de version corrigée ne justifie pas de laisser le plugin actif sans mesure compensatoire. La décision dépend de la fonction concernée et de la criticité du site.
- Désactiver la fonction vulnérable si l’éditeur fournit une mesure précise et vérifiable.
- Désactiver le plugin lorsqu’il n’est pas indispensable et que la désactivation ferme effectivement le vecteur.
- Retirer les fichiers lorsque la vulnérabilité peut rester exploitable malgré la désactivation ou lorsque l’éditeur recommande la suppression.
- Restreindre l’accès à l’interface ou à l’environnement par une couche indépendante de WordPress.
- Appliquer une règle de pare-feu ciblée lorsqu’elle provient d’une source fiable et correspond exactement au scénario connu.
- Remplacer le plugin si le correctif tarde, si l’éditeur ne répond plus ou si le composant présente un risque structurel.
Une désactivation peut casser un formulaire, un paiement, une redirection, un espace membre ou une synchronisation. Prévoyez une solution temporaire pour la fonction métier, mais ne maintenez pas une exposition critique uniquement pour préserver le confort d’utilisation.
Faut-il désactiver ou supprimer le plugin vulnérable ?
Désactiver une extension empêche normalement WordPress de charger son code selon le cycle habituel. Cela ne supprime pas ses fichiers, ses données, ses tâches éventuelles ni les appels directs qui pourraient être concernés par certaines vulnérabilités. La désactivation est donc une mesure de réduction du risque, pas une règle universelle.
Avant suppression :
- conservez la version et la source du plugin pour la chronologie ;
- identifiez les données ou réglages qui pourraient être supprimés par la procédure de désinstallation ;
- vérifiez l’impact sur les pages, formulaires, commandes et intégrations ;
- préservez les journaux et les éléments utiles à l’analyse ;
- testez la solution de remplacement ou la réinstallation de la version corrigée.
Comment savoir si la mise à jour suffit ?
La mise à jour peut être considérée comme une mesure suffisante lorsque la vulnérabilité a été corrigée avant toute période d’exposition significative et qu’aucun élément n’indique une exploitation. Une analyse plus poussée devient nécessaire lorsque plusieurs facteurs se cumulent.
| Situation | Mise à jour seule probablement suffisante | Analyse complémentaire recommandée |
|---|---|---|
| Version installée | Version non affectée ou correction appliquée avant l’annonce publique | Version vulnérable présente pendant une période longue ou inconnue |
| Exploitation | Aucun signal d’exploitation et conditions difficiles à réunir | Attaques observées, code public ou exploitation sans authentification |
| Impact | Fonction secondaire sans données ni privilèges sensibles | Comptes, fichiers, téléversements, données, paiements ou exécution de code |
| Traces | Journaux fiables et absence d’événement cohérent | Journaux absents, purgés ou anomalies pendant la période |
| Site | Environnement isolé et non public | Site public, WooCommerce, extranet ou forte valeur métier |
Comment vérifier si la faille a pu être exploitée ?
La vérification doit être guidée par le scénario décrit dans l’avis. Il ne s’agit pas de rechercher au hasard « un virus », mais de comparer les capacités de la vulnérabilité avec les traces et les zones qu’elle aurait pu modifier.
Selon le cas, contrôlez notamment :
- les requêtes vers l’endpoint, le fichier ou la fonction concernés ;
- les créations et modifications de comptes, rôles et sessions ;
- les fichiers ajoutés ou modifiés pendant la période d’exposition ;
- les téléversements inhabituels et les changements dans les médias ;
- les options, contenus, formulaires, redirections et scripts dans la base de données ;
- les tâches WordPress et serveur planifiées ;
- les clés API, webhooks et services externes reliés au plugin ;
- les e-mails, commandes ou actions métier pouvant découler d’un accès non autorisé ;
- les alertes de l’hébergeur, du pare-feu, de la messagerie ou de Search Console.
Si vous découvrez un compte inconnu, un fichier suspect, une redirection ou un autre indicateur, basculez d’une gestion de vulnérabilité vers une réponse à incident. Consultez alors les premières actions à mener sur un site WordPress piraté.
Pourquoi un scanner ne suffit-il pas à décider ?
Un scanner de vulnérabilités peut rapprocher les versions installées d’une base d’avis connus. Il aide à identifier et prioriser les composants, mais il peut manquer une version masquée, un plugin premium, un composant renommé, une extension intégrée au thème ou une base non actualisée.
Un scanner de fichiers répond à une autre question : il cherche des signatures ou anomalies dans le contenu présent. Il ne prouve pas qu’une vulnérabilité n’existe pas et ne reconstitue pas forcément une exploitation qui n’a laissé aucune signature connue.
Les outils doivent donc compléter l’inventaire, la lecture de l’avis, le contrôle de la configuration et l’analyse des journaux. Pour comprendre la différence entre un scan, une checklist et une analyse contextualisée, consultez ce que vérifie réellement un audit de sécurité WordPress.
Cas des plugins premium, installés par ZIP ou développés sur mesure
Les plugins provenant du répertoire WordPress.org disposent d’un mécanisme de mise à jour intégré au tableau de bord. Pour les extensions premium, privées ou installées manuellement, la détection dépend de la licence, de la connexion à l’éditeur et de l’updater fourni.
Vérifiez :
- si la licence est active et associée au bon domaine ;
- si les mises à jour remontent réellement dans WordPress ;
- si l’éditeur fournit un espace client, une liste de diffusion ou un flux d’avis ;
- si plusieurs copies du ZIP circulent dans l’agence ou chez le client ;
- si une version modifiée localement empêche l’application du correctif ;
- si le composant est chargé comme plugin obligatoire ou inclus dans un thème.
Une extension spécifique doit disposer de son propre processus de suivi, de correction et de déploiement. L’absence d’entrée dans une base publique ne démontre pas qu’elle est sûre.
Que faire si le plugin n’est plus disponible ou semble abandonné ?
Un plugin peut disparaître du répertoire pour différentes raisons. Ne déduisez pas automatiquement la nature du problème à partir de l’absence d’un bouton de téléchargement. Vérifiez les informations disponibles chez l’éditeur et dans le répertoire, ainsi que la date de la dernière version et la compatibilité annoncée.
Si aucun correctif fiable n’existe, si le support est interrompu ou si les versions récentes de WordPress et PHP ne sont plus prises en charge, préparez un remplacement. Maintenir indéfiniment un composant vulnérable parce qu’il est central dans le site augmente le coût et le risque de la future migration.
Faut-il activer les mises à jour automatiques des plugins ?
WordPress permet d’activer les mises à jour automatiques extension par extension. Elles peuvent réduire la durée d’exposition entre la publication d’un correctif et son installation. Elles ne remplacent toutefois ni les sauvegardes, ni la surveillance des échecs, ni les tests fonctionnels.
Une politique raisonnable peut distinguer :
- les extensions simples et largement testées, mises à jour automatiquement ;
- les composants critiques pour le paiement, les membres ou les formulaires, mis à jour rapidement avec test ciblé ;
- les plugins spécifiques ou fortement personnalisés, déployés par un processus contrôlé ;
- les correctifs de sécurité critiques, traités en priorité même en dehors du cycle normal.
Les mises à jour automatiques WordPress s’exécutent selon une tâche planifiée et génèrent normalement des notifications de succès ou d’échec. Contrôlez que ces tâches fonctionnent et que l’adresse destinataire est surveillée.
Comment gérer la faille sur plusieurs sites WordPress ?
Pour une agence ou une entreprise disposant de plusieurs sites, commencez par produire un inventaire unique : domaine, environnement, plugin, version, exposition, criticité métier, sauvegarde et responsable.
Traitez les sites dans cet ordre :
- sites exposés publiquement avec exploitation sans authentification ;
- boutiques, extranets, formulaires sensibles et sites contenant des données personnelles ;
- sites à fort trafic ou à forte valeur commerciale ;
- sites standards exposés mais sans fonction sensible ;
- préproductions et anciennes copies, qui doivent ensuite être fermées ou corrigées.
WP-CLI et les outils de gestion centralisée peuvent accélérer l’inventaire et le déploiement. Ils ne dispensent pas de vérifier les retours, les versions finales et les fonctions métier de chaque groupe de sites.
Les erreurs à éviter lorsqu’une faille est annoncée
Mettre à jour sans vérifier la version finale
Une licence expirée, un échec de téléchargement, des permissions incorrectes ou un cache d’administration peuvent laisser l’ancienne version en place. Contrôlez le résultat, pas seulement le message de lancement.
Attendre la prochaine maintenance mensuelle
Une vulnérabilité critique ou activement exploitée doit sortir du cycle normal. Le calendrier de maintenance ne doit pas retarder un correctif urgent.
Se fier uniquement au score CVSS
Un score élevé peut être peu applicable à votre configuration, tandis qu’un score inférieur peut être très risqué sur un site public manipulant des données sensibles. Ajoutez toujours le contexte.
Désactiver le plugin et considérer l’incident comme clos
La désactivation ne supprime ni les fichiers, ni une éventuelle exploitation antérieure. Vérifiez les recommandations précises et le scénario de la faille.
Restaurer une ancienne sauvegarde comme première réponse
La restauration peut réintroduire la version vulnérable, supprimer des données récentes et effacer des traces utiles. Préservez d’abord l’état courant et corrigez le composant.
Installer plusieurs plugins de sécurité dans l’urgence
Des outils supplémentaires ne remplacent pas le correctif et peuvent modifier l’environnement au moment où vous devez préserver une chronologie claire.
Publier les détails internes de votre site
Ne diffusez pas publiquement vos versions, journaux, chemins, clés ou règles de protection. Transmettez les informations nécessaires par un canal adapté à l’intervenant.
Quelles informations préparer pour faire vérifier le site ?
- URL du site et hébergeur ;
- nom, slug et éditeur du plugin ;
- version installée avant et après correction ;
- avis reçu, référence CVE et source ;
- date de publication et date de découverte ;
- fonction du plugin sur le site ;
- mesures déjà appliquées ;
- date et contenu des sauvegardes disponibles ;
- alertes, erreurs ou comportements inhabituels ;
- période de journaux accessible ;
- impact potentiel sur les formulaires, comptes, commandes ou données.
Ne transmettez pas de mot de passe, clé API, secret ou accès d’hébergement dans le formulaire initial. Les accès temporaires doivent être demandés séparément et limités au périmètre nécessaire.
À retenir
- Une vulnérabilité publiée ne prouve pas que le site est piraté, mais elle exige une qualification.
- La version affectée, les conditions d’exploitation et l’exposition du site déterminent l’urgence.
- Le score CVSS mesure une sévérité standardisée, pas votre risque métier complet.
- Lorsqu’un correctif existe, la version vulnérable doit être remplacée rapidement.
- Sans correctif, il faut désactiver, retirer, isoler ou compenser la fonction concernée.
- La mise à jour ne supprime pas une compromission qui aurait précédé le correctif.
- Les plugins premium, ZIP, obligatoires et environnements oubliés doivent figurer dans l’inventaire.
- La date, la version, les tests et les vérifications doivent être documentés.
Questions fréquentes
Mon plugin est vulnérable, mais il est désactivé : suis-je protégé ?
Pas nécessairement. Cela dépend du type de faille et de la façon dont le code peut être appelé. La désactivation réduit souvent l’exposition, mais les fichiers restent présents. Vérifiez l’avis de sécurité et retirez le plugin si cette mesure est recommandée.
Le plugin n’apparaît pas dans les mises à jour WordPress : est-il à jour ?
Pas forcément. Une extension premium, privée ou installée manuellement doit disposer de son propre mécanisme de mise à jour. Vérifiez la version auprès de l’éditeur et l’état de la licence.
Faut-il mettre à jour directement sur le site en production ?
Pour une faille critique, un test très court suivi d’un déploiement rapide peut être préférable à une longue attente. Conservez un point de retour et testez les fonctions essentielles. Pour une vulnérabilité moins urgente, utilisez une préproduction représentative.
Puis-je revenir à l’ancienne version si la mise à jour casse le site ?
Un retour temporaire peut aider au diagnostic, mais ne laissez pas durablement une version connue comme vulnérable en production. Désactivez la fonction, isolez le site ou remplacez le composant pendant la correction de compatibilité.
Un score CVSS critique signifie-t-il que tous les sites sont en danger immédiat ?
Le score décrit la sévérité technique selon un modèle standard. Il faut encore vérifier la version, l’authentification requise, la fonction activée, l’exposition et les données du site. Une exploitation active augmente fortement la priorité.
Une règle de pare-feu suffit-elle à éviter la mise à jour ?
Non. Une règle ciblée peut réduire temporairement l’exposition, mais elle dépend de sa couverture et de son maintien. Le correctif de l’éditeur ou le remplacement du plugin reste la solution durable.
Dois-je scanner le site après chaque faille de plugin ?
La profondeur du contrôle dépend de l’exposition. Une faille difficile à exploiter et corrigée immédiatement ne nécessite pas le même travail qu’une vulnérabilité sans authentification, activement exploitée et présente depuis plusieurs semaines.
Comment éviter de découvrir les failles trop tard ?
Maintenez un inventaire des composants, surveillez les avis et les mises à jour, vérifiez les notifications, testez les sauvegardes et définissez un délai de traitement selon la criticité. Une maintenance WordPress suivie doit prévoir un circuit spécifique pour les correctifs de sécurité urgents.
Faire vérifier une faille de plugin WordPress
Une extension installée sur votre site est concernée par une vulnérabilité ? GardeWP peut confirmer l’exposition, prioriser le correctif, vérifier les traces disponibles et sécuriser le site lorsque la simple mise à jour ne suffit pas.
À transmettre : URL, nom et version du plugin, source de l’alerte, date de découverte, mesures déjà prises et symptômes éventuels.
À ne pas transmettre : mots de passe, clés API ou accès d’hébergement dans le formulaire initial.
